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Les récits de Gayfrenchkiss
Je demande à Yves s'il peut venir chez moi tout de suite, pour qu'on en parle face à face. Trente minutes plus tard, il arrive. Je lui demande ce qu'est le plan dont il parlait au téléphone. Yves sourit et me dit: "C'est pas compliqué, tu vas voir. Pour initier un gars hétéro, ça peut être une bonne idée de faire ça comme si on le kidnappait. Bien sûr, ça doit être volontaire de sa part et il doit jouer le jeu. L'idée est qu'il se déshabille et se mette en caleçon. Après on l'attache, et puis il n'a qu'à se laisser faire. Une fois attaché, il ne peut plus rien faire, et il est comme notre étalon. Il plonge en se laissant attacher, puis il a ensuite juste à boire la tasse au complet. Ça peut paraître un peu flyé, mais ça peut être pas mal trippant, pas juste pour nous mais surtout pour Alain s'il est d'accord."
Je réponds que l'idée me semble super, mais il faudra vérifier si Alain veut, premièrement, qu'un autre gars soit dans le coup, et aussi jouer le jeu d'être kidnappé. Je téléphone tout de suite à Alain et lui demande ce qu'il en pense. Alain éclate d'abord de rire, puis il me dit: "Ouais, c'est vraiment flyé! Mais ça a l'air pas mal cool. C'est qui l'autre gars?". Je lui réponds qu'il ne peut pas le savoir, et précise même que si on le fait, il devra avoir les yeux bandés pour ne pas le reconnaître. Alain reste silencieux quelques secondes qui me paraissent interminables, puis il me dit: "OK! C'est pour quand?" Je lui réponds que je le lui dirai dans les prochains jours, le temps de préparer notre plan.
Dès que je raccroche, Yves et moi sommes fous de joie. Yves me dit qu'on peut très bien faire ça chez lui, dès le vendredi soir de cette même semaine. Il habite seul dans une maison semi-détachée comprenant un sous-sol, ce qui convient parfaitement. Il n'a qu'à acheter de la corde et à installer quelques petites choses, et ça y est. On se donne donc rendez-vous pour vendredi soir chez lui, tout en nous promettant de nous téléphoner régulièrement pour préparer les détails de notre plan de "kidnapping".
Dès le lendemain matin, je rencontre Alain au Cégep et lui annonce que c'est pour vendredi soir, soit le surlendemain. Je lui donnerai plus de détails plus tard sur ce qu'il devra faire dès le début de son "kidnapping". Alain a l'air plutôt amusé par tout cela, et il se dit totalement disposé à faire tout ce que je voudrai qu'il fasse. Je conviens avec lui que le jour même de son "kidnapping", il en saura un peu plus long.
Entre temps, Yves et moi nous préparons fébrilement. Il ne nous faut que peu de temps pour tout mettre au point. Le vendredi arrive, et je rencontre Yves en début d'après-midi et je l'invite à prendre une marche dehors sur le terrain du Cégep. Je lui donne l'adresse d'Yves (il ne savait pas qu'Yves habite à cette adresse et il ne le connaît que plutôt vaguement). Puis je lui explique qu'une fois arrivé, il ne doit pas dire un mot et rester en silence. Tout ce qu'il doit faire est d'arriver à cet endroit à 22h pile, de sonner, et ce sera moi qui lui ouvrira la porte. Il devra entrer à reculons sans tenter de regarder derrière lui, et c'est à partir de ce moment qu'il sera "kidnappé". Je précise qu'à cet instant je lui banderai les yeux car il ne doit pas pouvoir voir mon comparse ni savoir chez qui il se trouvera, et qu'il sera aussi attaché juste avant d'être emmené dans la pièce où il sera maintenu en captivité. J'insiste encore sur le fait qu'il ne doit pas dire un mot quand il arrivera, et qu'il doit faire tout ce qui lui sera demandé sans poser de question.
Je demande à Alain si tout ça lui convient et s'il comprend ce qui est attendu de lui. Il me répond en riant: "OK, pas de problèmes! Je serai là puis vous n'aurez qu'à m'enlever! C'est juste drôle de savoir que je vais me faire enlever volontairement!" Nous nous quittons alors, non sans que je lui rappelle d'arriver bien à l'heure.
En début de soirée, je me rends chez Yves pour l'aider dans les derniers préparatifs. Puis nous n'avons plus qu'à attendre l'arrivée d'Alain. Quinze minutes avant l'heure prévue, je me mets à guetter par la fenêtre. Et quelques minutes avant 22h, j'aperçois enfin la voiture d'Alain. Il se gare près de la maison, puis je le vois approcher à pied. Il est vêtu d'un t-shirt blanc, d'un short bermuda et d'espadrilles, sans chaussettes. Je me dirige vers la porte, puis j'attends qu'il sonne.